0:00

Il faut remonter à la fin du XVIème siècle pour retrouver des écrits mentionnant l’église du Couvent d’Alesani à l’emplacement actuel. Cette église à vaisseau unique, décrite en ces temps comme « assez vaste » et surmontée d’un toit en charpente, va connaitre par la suite de longues décennies de travaux et de modifications. Elle apparait dans les proportions que nous observons aux alentours de 1716.

L’élévation antérieure fut restaurée au début du XXIème siècle en reprenant la simplicité caractéristique de la construction d’origine. Si l’édifice est de conception baroque en plan et en volumes, sa façade, peu mouvementée, témoigne d’une époque transitoire dans l’application du style baroque en Corse.

A l’image de nombreux autres édifices religieux de l’ile dans la moitié Nord notamment, l’église du Couvent d’Alesani s’est ainsi progressivement « baroquisée ». Le baroque est un mouvement artistique apparu au XVIème siècle en Italie. Touchant à tous les aspects de l’art, il s’est largement diffusé dans l’univers religieux par la volonté de l’Eglise Catholique d’apporter à son message une touche directe, émotionnelle. Le baroque se caractérise par une certaine surcharge décorative, la recherche du mouvement, la profusion des ornements, la quête permanente de la mise en scène.

A l’intérieur de l’église du Couvent d’Alesani, l’art baroque s’illustre partout. La charpente dont il était question au XVIème siècle a disparu pour laisser place à des voûtes en berceau. Les peintures monumentales mêlent formes géométriques en trompe l’œil, ornements floraux, fausse draperie mais également diverses représentations comme la Fuite en Egypte, l’Adoration des Mages ou encore les symboles des litanies de la Vierge.

Les peintures que l’on observe ont fait l’objet de plusieurs campagnes de réalisation. La plus ancienne, que l’on peut encore partiellement apprécier dans les autels latéraux du chœur, date du début du XVIIIème siècle. Une autre campagne eut lieu dans le courant du même siècle. Mais c’est surtout durant la seconde moitié du XIXème siècle que l’église du couvent d’Alesani fut presque entièrement repeinte. Ce travail est attribué au peintre-décorateur Pietro Gherardi, natif du village voisin de Perelli.

En posant notre regard vers le sol, on y aperçoit de nombreuses sépultures. Mises à jour lors des travaux de restauration de 2004, elles datent pour la plupart du milieu du XVIIIème siècle. On en compte 49, dont la plus ancienne remonte à 1703. D’une profondeur moyenne d’un mètre, la couverture de ces sépultures est composée de linteaux de schiste reposant sur des murets de pierre.

Nous suivre